mercredi 14 août 2013

Savoir percevoir (2) : retrouver la paix mentale


Source http://www.sxc.hu
Lors du  premier exercice pour améliorer notre perception, nous avons appris à mieux respirer. Outre le bénéfice de reprendre contact avec le présent, la respiration abdominale présente un intérêt médical démontré ; la respiration par le diaphragme permet une meilleure oxygénation et fait baisser les hormones du stress. 
D'autres techniques connues permettent de compléter utilement sa panoplie d'outils pour mieux respirer afin d'améliorer sa perception ; la cohérence cardiaque et la pleine conscience (Mindfullness).


Cohérence cardiaque
Il a été démontré scientifiquement que pratiquer la cohérence cardiaque, c'est-à-dire, synchroniser sa fréquence cardiaque avec sa fréquence de respiration, faisait baisser le taux de cortisol (hormone du stress) et augmentait le taux de dopamine ou de sérotonine (hormones et neurotransmetteurs).

Il y a tonnes d'informations parfois contradictoires sur ce thème mais vous pouvez vous référer utilement à ce site Variabilité et fréquence cardiaque qui donne de bons arguments ou encore cette étude d'Harvard publiée en 2008, qui se rapproche beaucoup des principes de la cohérence cardiaque. Vous trouverez ici une application gratuite qui vous permet de vous entraîner (payante 0.89€ sur App'Store). 


Pleine conscience


La pleine conscience, dont le Dr Jon Kabat-Zinn (professeur émérite à l'Université de Médecine du Massachusetts et créateur du Center for Mindfullness) est à l'origine des études qui ont permis à cette technique de pénétrer le monde médical et scientifique. Je ne peux que vous inviter à lire le Petit Cahier d'Exercices de Pleine Conscience (Editions Jouvence) et à vous rendre sur le site Pleine Conscience proposé à cette occasion par Ilios Kotsou, l'auteur du livre. 




En complément de ces techniques éprouvées, je voudrais vous proposer un exercice que vous pourrez faire facilement tous les jours et qui ne vous prendra que quelques minutes. 

Paix mentale
Source http://www.sxc.hu


Munissez-vous d'un collier de perles en plastique ou d'un chapelet et asseyez-vous confortablement sur une chaise ou étendez-vous sur un divan. Décontractez-vous totalement. Fermez les yeux et observez pendant cinq minutes le cours de vos pensées tout en essayant de retenir ces dernières. Au début vous remarquerez que ces pensées qu se précipitent sur vous ont trait aux situations et aux affaires de la vie quotidienne, à l'activité professionnelle, aux soucis, ...
Soyez envers vos pensées comme un observateur silencieux, entièrement détaché et indépendant d'elles. Suivant la situation ou l'état d'esprit où vous vous trouvez à ce moment, cet exercice vous semblera plus ou moins facile ou difficile. Il s'agit donc de ne pas perdre le fil de ses pensées, de ne pas s'oublier, mais de le suivre attentivement.  
Gardez-vous de vous endormir pendant cet exercice. Si vous vous sentez fatigué, il est préférable d'interrompre immédiatement et de reprendre ultérieurement. à un moment où vous pourrez prendre la résolution de ne pas succomber à la fatigue. Vous pourrez aussi prendre auparavant quelques respirations profondes qui empêchent la fatigue. 
Ces exercices de contrôle de pensées se font le matin et le soir ou à l'un ou à l'autre. 
Source http://www.sxc.hu
Chaque jour, vous pouvez si vous le souhaitez prolonger l'exercice d'une minute de sorte que vous puissiez, au bout d'une semaine, suivre et contrôler au moins pendant dix minutes le fil de vos pensées, sans faire le moindre écart. Vous remarquerez comment, au début, les pensées vous assaillent, comment elles traversent avec précipitation votre mental ; il vous sera donc difficile de vous les rappeler tellement elles sont nombreuses et diverses. D'un exercice à l'autre vous constaterez cependant, qu'elles apparaissent de façon moins chaotique et que peu à peu elles se modèrent jusqu'à que quelques-unes seulement émergent à la conscience. Ainsi, le premier jour, vous pourrez compter plus de vingt ou trente idées en trois ou quatre minutes. Le deuxième jour, vous pourrez soit tenter de descendre le nombre d'idées dans le même temps, soit tenter de tenir plus longtemps avec le même nombre d'idées. Au bout d'une semaine, par exemple, vous pourrez être parvenu à ne faire émerger que cinq à dix idées en huit à dix minutes. Quoiqu'il en soit,  il.faut avancer consciencieusement car il est inutile de se hâter. Cette auto-formation doit s'adapter à votre rythme. 

Ces exercices de contrôle  des pensées doivent se faire avec beaucoup d’attention car ils sont très importants pour la suite. 

samedi 10 août 2013

Peut-on se fier à son intuition ?

Un bel article sur l'intuition dans le magazine  Sciences Humaines

«Regarde, un épervier!» Avec l’expérience, l’ornithologue sait identifier d’un coup d’œil un oiseau en vol. Si vous l’interrogez pour savoir comme il peut l’identifier aussi vite sans le confondre avec une buse, il ne saura pas forcément vous l’expliquer. À force d’observer et comparer, les experts finissent par voir les choses d’un premier regard. En ornithologie, cette capacité d’identification rapide s’appelle le «jizz», terme dont on connaît mal l’origine (4).
Le jizz peut s’appliquer à bien d’autres domaines d’expertise: celui de l’antiquaire à qui il suffit de quelques secondes pour reconnaître l’origine d’un objet, celui du médecin pour identifier une maladie…
Deux types d’explication s’opposent pour rendre compte de l’intuition de l’expert. Parfois, on lit qu’il s’agit d’une «vision globale» acquise au fil de l’expérience, parfois qu’il s’agit d’une capacité de voir des détails infimes. En réalité, les deux explications ne s’opposent pas.
Car reconnaître une forme globale est également ce qui permet de discerner rapidement le « détail qui cloche»… Nous faisons tous cette expérience dans le domaine courant: la reconnaissance des visages. Pour identifier mon collègue de bureau, une vision globale suffit. Mais si quelque chose cloche par rapport à d’habitude – le timbre de la voix qui changé, les yeux cernés, une nouvelle coupe de cheveux –, aussitôt votre regard est en alerte. Il arrive parfois que quelque chose ait changé sans qu’on le voie de nouvelles lunettes par exemple.
On voit bien que dans le cas du coup d’œil de l’expert, perception globale et sens du détail ne sont pas deux fa­cultés distinctes mais peut-être la même chose


vendredi 9 août 2013

Quelques citations sur l'intuition

-" Il n'est d'autre connaissance qu'intuitive. La déduction et le discours improprement appelés connaissance, ne sont que des instruments qui conduisent à l'intution" Jean-Paul Sartre
- « L’intuition est une collecte d’informations qui n’est directement perceptible ni par les facultés sensorielles ni par les facultés intellectuelles. L’intuition, c’est avoir une connaissance autre […]. Il ne s’agit pas d’accumuler des montagnes d’informations, mais plutôt de savoir où concentrer son attention. » Laura Day- Guide pratique de l'intuition.
- "C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons." Henri Poincaré
- "On tient pour suspectes l’induction et l’intuition ; l’induction, le grand organe de la logique ; l’intuition, le grand organe de la conscience." Victor Hugo, Proses philosophiques des années 60-65

- "Il n'y a d'autres voies qui s'offrent aux hommes, pour arriver à une connaissance certaine de la vérité, que l'intuition évidente et la déduction nécessaire". Descartes
- "L'intuition, naturellement, en tant que fonction irrationnelle, n'est pas pour l'intellect facile à définir. J' l'ai dit dans mes Types Psychologiques, "une perception via l'inconscient", une de ses particularités étant que l'on ne saurait préciser où et comment elle prend naissance ; elle parît pouvoir cheminer le long de multiples voies et permet, par son jaillissement, de voir, pour ainsi dire, ce qui se passe "au-delà d'un tournant"". Carl Gustav Jung
- "L'intuition est la saisie immédiate de la vérité de l'idée par l'âme indépendamment du corps" Platon

Quel intuitif êtes-vous ?


Encore un petit test pour vous. Même s'il semble fait pour les femmes, vous pouvez aussi le passer Messieurs ; à part une question sur l'orgasme (faites alors preuve d'imagination), les autres questions concernent tout le monde


Test Psychologies.com

Découvrez votre quotient intuitf


Un petit test amusant. Un peu trop centré sur le fait que l'intuition entraîne de la méfiance, mais amusant.

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/quiz/sciences/130;exclusif-testez-votre-quotient-intuitif.html

Source : Sciences et Avenir, Nouvel Obs.com

mercredi 7 août 2013

Savoir percevoir (1)

L'intuition, c'est d'abord de l'attention. Pour accroître votre capacité d'attention, il est nécessaire de reprendre contact avec le présent. Nous sommes happés en permanence par les souvenirs et les incertitudes du futur. "Ca me rappelle ce moment" "Comment s'appelait déjà cet auteur magnifique ?" " Qu'est-ce-que je vais faire demain ?" "Et si je décide ça, que va-t-il se passer ?" . L'énergie se trouve ici et maintenant, dans le présent. Et pour augmenter nos capacités intuitives, nous devons commencer par retrouver le présent. 

Vous pouvez commencer par ce petit exercice de respiration tout simple.

Mettez-vous debout. Placez une main sur votre ventre et une main sur votre torse. Prenez une inspiration et observez le déplacement de vos mains. Si la main placée sur votre torse s’est déplacée plus que celle placée sur votre ventre, vous avez une respiration thoracique préférentielle. Si c’est l’inverse, vous avez une respiration ventrale préférentielle. Expirez. 

Refaites une inspiration en faisant en sorte que ce soit la main qui est sur votre ventre qui se déplace le plus. A l’expiration, votre ventre doit se creuser, le torse restant le plus immobile possible. Procédez de la même manière cinq fois sans forcer la respiration. Si vous ressentez une sorte de vertige, ceci provient de l’oxygène qui vient irriguer votre cerveau, peu habitué à ce dosage. Entraînez-vous régulièrement à la pratique de la respiration abdominale : ceci vous aidera à vous calmer dans des moments de stress ou de colère et à vous centrer quand vous le souhaiterez. C'est déjà un grand bénéfice. L'autre bénéfice sera d'accroître la sensibilité de vos capteurs sensitifs et intuitifs. 

Trouvez un moment pour faire ça trois minutes par jour. Et notez vos progrès. 
Savoir percevoir (2)

Comment décidons-nous en situation complexe ?

Mes pérégrinations nomades (pléonasme?) m'ont emmené ce matin vers des terrains incertains et passionnants. Mon écran s'est tout à coup arrêté sur un article qui parlait de la prise de décision en situation complexe et urgente : un document de formation à destination des infirmiers urgentistes(1). Des mots affluent, étonnants : pensée inductive, pensée systémique, intuition, pensée hypothético-déductive, pensée dialectique et critique et pensée créatrice. Le processus de décision en situation urgente serait-il à l'opposé de la pensée unique ?
Pour analyser une situation complexe en vue d'un diagnostic et d'une action, les infirmiers urgentistes sont appelés à suivre deux modes opératoires parallèles :
- un mode dont le point de départ est la pensée inductive (observation de faits, de signes, perceptions) puis l'intuition et la pensée critique sont sollicitées
- un autre mode dont le point de départ est la pensée systémique (quels autres facteurs sont présents ?) puis la pensée déductive et l'expérience sont elles-mêmes sollicitées,
pour parvenir à un choix et donc une décision.

Le mode "multi-canal" de prise de décision semble être conseillé, mais que se passe-t-il en réalité ?

La même année, Jean-Fabrice Lebraty, professeur de sciences de gestion au CNRS, publie un article sur la prise de décision en situation complexe (2). Il fait référence à une expérience menée avec des décideurs, cadres pompiers dirigeant des unités d'intervention. Durant l'observation, il s'avère que la grande majorité des décisions (126 sur 157) ont été prises en n'explorant que la première idée imaginée par le décideur : pas de choix rationnel donc entre plusieurs options !! Et plus le cadre pompier était expérimenté, plus la tendance était forte.
En situation urgente et complexe, nous semblons donc réagir en hypertrophiant notre capacité d'observation pour la comparer aux autres situations vécues. Notre intuition se met en branle pour explorer une première option : nous nous projetons dans le proche avenir pour imaginer ce qui va se produire sur les étapes suivantes. Très vite si cette première option nous semble inappropriée, nous modifions notre première option pour en explorer une autre.

Nous fonctionnons donc de manière séquentielle en explorant d'abord le premier chemin que notre intuition nous propose en fonction de notre niveau de conscience de la situation (expérience, compréhension et projection dans le futur). Puis si les premières étapes ne nous semblent pas adaptées nous revenons vers une autre voie.

Pour mieux utiliser notre intuition en phase de décision, trois leçons nous sont utiles :
- que me dit mon expérience ? L'intuition, c'est d'abord de l'expérience
- que me dit mon émotion ? Désir et intuition doivent être séparées.
- que me disent mes croyances ? Nos croyances dictent nos comportements.

Alors devant une prise de décision, avant de commencer par analyser la situation de manière "objective", lorsque devant nous plusieurs chemins se profilent, commençons par regarder lequel de ces chemins est le plus "lumineux", celui vers lequel notre intuition nous emmène et explorons ce chemin, comme dans un labyrinthe complexe où nous passons notre temps à créer notre propre chemin.


(1)L'analyse des situations complexes dans un service d'urgence, de chirurgie ou de soins intensifs. Hôpital de Coimbra- Portugal- Oct 2007.
(2) http://www.educ-revues.fr/EM/AffichageDocument.aspx?iddoc=34437&pos=77